Ne fais confiance à personne de Paul Cleave
Sonatine 2017, 458 pages
Traduit de l’anglais (Nouvelle-Zélande) par Fabrice Pointeau (Trust No One 2015)

Jerry Grey perd la boule. Plus exactement, il est sous l’emprise du Grand A, avec une progression fulgurante, très inhabituelle à son âge (à peine cinquante ans). Auteur de thrillers réputé, sous le pseudonyme d’Henry Cutter, dès les premières manifestations de sa maladie il entreprend de tenir une sorte de journal de bord, un Carnet de la Folie destiné à lui permettre de reprendre pied dans sa vie lors de ses futures périodes de lucidité. Le problème étant que très vite, il entremêle fiction et réalité et peine à discerner ce qu’il a écrit de ce qu’il a vécu. Est-il Jerry Cutter, Henry Grey, un tueur, un écrivain ? Lorsque des meurtres sont effectivement commis, ça se corse encore plus…
Le suspens est habilement entretenu et on se plaît à s’égarer entre deux impressions contraires, hélas l’épilogue est éventé un peu trop tôt et gâche l’impression finale. A lire malgré tout pour tous les fils tissés autour de la création littéraire.

« Les bibliothèques te détendent. Tu y passais beaucoup de temps après l’école. Tu dévorais les livres et voulais devenir écrivain quand tu serais grand. Ce sont ces jours-là, ces jours à la bibliothèque, qui ont fait de toi l’homme que tu es devenu.
– Un malade ?
– Un auteur, imbécile. »

 

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