La salle de bal d’Anna Hope
Gallimard, Du Monde Entier, 2017, 383 pages
Traduit de l’anglais par Elodie Leplat (The Ballroom 2016)

Nous sommes en 1934 en Irlande et une jeune femme s’avance, fébrile, vers un homme déjà âgé affairé à retaper sa ferme. Son pas se suspend et nous sommes en 1911, dans la campagne anglaise, au sein de l’asile Sharston. Ella, jeune fileuse de la classe ouvrière, vient d’y être internée pour un geste de colère (autant que de désespoir). Y est déjà captif depuis quelques années John, un irlandais que le sort a défavorisé et qui est *abattu*. Leur médecin, le jeune Charles, se cherche. Tous trois prennent alternativement la parole pour nous raconter les quatre saisons de 1911…
C’était il y a cent ans et ça semble aujourd’hui, la plume d’Anna Hope est miraculeuse (et je pèse mes mots), capable de nous émouvoir aux larmes et de rendre compte d’une époque tellement dure pour les faibles. En brassant histoire d’amour, eugénisme et idéal sociétal, elle nous suspend aux lents mouvements de son intrigue et exsude une poésie douloureuse et sublime. Ses effets sont d’une réussite totale, il faut voir avec quelle fébrilité on découvre la première lettre de John, et combien le sort de Clem nous touche en sororité. Magnifique roman.

Publicités