Les attachants de Rachel Corenblit
La Brune au Rouergue, 2017, 188 pages

C’est l’histoire d’Emma, du temps où elle commençait à peine sa carrière d’instit. Dans sa liste de voeux, l’école des Acacias était en dernière position. C’était sa première classe fixe comme titulaire – même si elle avait déjà fait plusieurs remplacements – et quelle classe. Des enfants difficiles, parce que des enfants issus d’histoires difficiles. Un endroit défavorisé, des familles en proie à de sacrés problèmes. Elle, au milieu, qui rencontre Mathieu. Et l’année scolaire qui égrène ses mois, petit bonheur après grande joie tout au long d’une myriade de problèmes. Le frottement avec le directeur. Et les enfants, bien sûr les enfants. Ses enfants.

« Emma les a regardés, ses enfants, ses élèves, sa troupe, ses mômes, ses monstres, ses pourritures, ses petits loups, ses horreurs, ses gamins, ses grands, ses morveux, ses mignons. Ses attachants, ses chiants. Ses attachiants. Sa classe. »

Un roman dont on ne sort pas indemne, et pour lequel l’autrice, très intelligemment, aborde cet aspect peu avant son épilogue. Quelle est la place du lecteur dans ce grand maelström ? Directement dans l’instant de grâce de la classe de neige, qu’on lit émerveillé.

« Mais elle a eu le mérite d’exister, cette seconde, et rien que pour elle, être enseignant vaut la peine. »

Un roman très attachant, effectivement (Cathulu a adoré). Même si :

« Ne pas s’attacher aux gens.
Simplement les aimer. Les supporter. Les accompagner. Et les laisser partir.»