Il y a encore des noisetiers de Georges Simenon
Presses de la cité 1969 & Livre de poche 2014, 190 pages

C’est un vieux monsieur qui a raccroché quand il a atteint soixante-dix ans. Aujourd’hui (nous sommes en 1968), il en quatre de plus et son quotidien est constitué de routine. Agréable, mais très balisé. C’est en toute conscience qu’il l’a établi ainsi, et il est déterminé à en profiter. Il s’économise, en quelque sorte. Il se prouve à lui-même constamment que tout va bien, pour ne pas s’avouer que tout se résume en un mot : résignation. Une lettre, un jour, va lentement dynamiter cette belle construction et, peut-être, lui permettre de vivre autrement sa vieillesse… Elu meilleur roman de l’oeuvre de Simenon, « Il y a encore des noisetiers » possède le charme de l’exactitude. Son héros nous semble immédiatement crédible et familier, en ce sens qu’il partage sa vie intérieure et que ses réflexions sont universelles, bien que d’une toute autre époque. L’épilogue brasse des problématiques dépassées que notre regard du XXI° siècle charge d’autres reproches, plus psychologiques. Intéressant à bien des égards, et porteur d’une sourde mélancolie.

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