« Tu penseras aux bouquins que je t’ai demandés ? En ce moment, je traduis pour lui Madame Bovary en albanais. Je ne suis pas sûr que ça lui plaise.
– C’est un très bon livre pour un proxénète ! Ca ne parle que de putes. »

J’avais tellement aimé « La Daronne » d’Hannelore Cayre que j’ai lu d’une traite la trilogie consacrée à Christophe Leibowitz-Berthier, avocat pénaliste. On le rencontre dans « Commis d’office », alors qu’il purge une peine de prison pour avoir fait évader un de ses clients. On poursuit dans « Toiles de maître », dans lequel son coup de coeur pour un tableau de Schiele l’entraîne dans l’univers des biens spoliés par les nazis, et on assiste à son déclin dans « Ground XO », dédié à la fois au rap et au Cognac, dans lequel paradoxalement il n’a jamais été mieux : il a ouvert une sorte de pool d’avocats et écrit régulièrement à un psychiatre; hélas, la justice, fût-elle divine, aime l’ironie, et c’est souvent quand les choses vont bien que le pire arrive… Un héros atypique, peu sourcilleux avec la morale, vénal, cynique, alcoolique, pas beau, pas vraiment brillant, mais dont l’humanité demeure malgré tout évidente, et toujours sauvé par son humour vif et inattendu, qui se débat dans l’absurdité pénale et donne à voir une justice glauque très loin de son concept initial. Ca gratte, ça pique, ça griffe et c’est à lire ! (Les trois sont disponibles dans la collection Suite française (Métailié Noir) au tarif poche).

« Tu prends ta récolte totale, tu lui enlèves le volume de moût pineau et celui de vin simple et tu divises par la superficie plantée moins le vin simple… et moins la superficie jeunes vignes, première et deuxième feuille. Là, tu obtiens le rendement agronomique que tu mets dans le cadre deux et trois. Tu prends le QNV que le BNIC édite chaque année et…
– Stop.
– Tu dis que tu veux apprendre, mais en fait tu ne veux rien faire ! »

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