Le poney d’Anaé de Bénédicte Rivière et Céline Bielak (Gründ)

Ceci est typiquement « le » livre qui va énerver les parents : d’abord il est résolument pop dans ses couleurs et son histoire, Petit Poney qui reçoit une jolie barrette dorée pour son anniversaire; mais surtout, il fait du bruit ! Une fois allumé en 4° de couv, l’histoire est lue toute seule à voix haute lorsque bébé tourne les pages. Nulle part à appuyer, rien à faire, c’est magique ! Avec une chanson finale : « Y’a une pie dans l’poirier« . C’est énervant, je le confesse, surtout lorsque les pages sont à moitié tournées et aussitôt retournées, on entend alors quelque chose qui ressemble à du rap, les phrases n’ayant pas le temps d’aller à leur bout, et lorsque ça dure en boucle à ce qui nous semble des heures, il faut vraiment prendre sur soi (dieu merci il n’y a pas de lumières qui clignotent !), mais force est de constater que ça plaît beaucoup aux bébés, puisqu’ils peuvent interagir sans l’aide de personne. A partir de 9 mois / 1 an.


Tétine Man de Christophe Nicolas et Guillaume Long (Didier Jeunesse)

Je cherchais une BD accessible pour un petit bonhomme de pas encore trois ans qui adore feuilleter celles de son papa, et j’ai vraiment hâte de lui mettre celle-ci entre les mains : qu’est-ce que j’ai rigolé ! Tétine Man est un super héros, caché, comme il se doit. C’est-à-dire que personne ne soupçonne l’étendue de ses pouvoirs, et pourtant. Un seul regard lui suffit pour rabrouer définitivement celle qui, au toboggan, l’asticote au sujet de sa tétine. Non seulement il ne cède pas au racket du goûter, mais en plus il parvient à le manger entièrement sans que jamais on ne lui ait vu la tétine hors de la bouche. Et quand Mamie use d’un stratagème perfide pour la lui faire ôter lors de son anniversaire, il sait parfaitement contourner le problème. Un super héros, vous dis-je ! Pas sûr ceci dit qu’après avoir lu ça, les tétines ne vont pas connaître un regain de succès 😉


 Maman de Mayama Itoïz (Seuil Jeunesse)

« Quand il ne reste que le gris c’est l’heure de se dire bonne nuit« 

Pour son premier album au Seuil Jeunesse Mayama Itoïz témoigne d’une belle originalité : le format est plutôt grand, les pages en papier épais et les illustrations légèrement feutrées; l’écriture en grandes lettres cursives apporte un sentiment de proximité et on s’identifie sans peine à ce petit rituel du coucher en forme de comptine. Un petit garçon imagine colorier le visage de sa maman pour en faire divers animaux, elle joue le jeu avec bienveillance. C’est doux et tendre et ça me plaît beaucoup ! Dès 2 ans.


 Les nuits de Lison d’André Bouchard (Seuil Jeunesse)

Lison est une petite fille maligne et imaginative, et cet album inaugure une série qui lui sera consacrée. Il explore le domaine de la nuit, et plus particulièrement les astuces et stratagèmes qu’elle élabore pour rejoindre ses parents dans leur chambre et, idéalement, dans leur lit. Si on ne doute pas de la réalité de ses quelques frayeurs (effet cathartique garanti pour les plus jeunes, ça fait peur de lire sur la peur mais ça permet aussi – et surtout – de relativiser, de se rassurer : les autres ont les mêmes !), on sourit forcément devant sa mauvaise foi irréductible; elle va quand même jusqu’à aller réveiller ses parents pour les enguirlander d’être intervenus dans son rêve 😉 Le format est rectangulaire et on a une grande image par page, avec parfois plusieurs pages pour une même histoire (quatorze histoires au total), dans la veine de Calvin et Hobbes ou Mafalda mais adapté aux enfants de 3 ans.


Petite soeur de Joana Estrela (traduit du portugais par David Faneca) (Seuil Jeunesse)

C’est une petite fille qui écrit à sa petite soeur, et qui lui raconte leur lien. Être soeur, ce n’est pas être amies, ce n’est ni mieux ni moins bien, c’est différent. Elles partagent nombre de jeux, de vêtements, de traits physiques, mais l’une gribouille les affaires de l’autre ou place des gommettes sur le chat (et pas SES gommettes, n’est-ce-pas). Elles se mordent le bras, s’arrachent parfois une dent, les parents les somment d’arrêter de se bagarrer tout le temps. Elles s’adorent, en fait, et ça transparaît dans cet inventaire joyeux et foutraque qui sonne très vrai, y compris dans les illustrations. Dès 3 ans, mais plus adapté à mon sens vers 4 ou 5.

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