Rebelles, un peu de Claire Castillon
L’Olivier 2017, 202 pages

« Parfois je me demande si Sébastien est un garçon bien. Je ne sais pas ce que serait un garçon bien à mes yeux. Je préfère le regarder avec les yeux de ma mère. Elle est plus précise. »

Vingt-neuf nouvelles en direct de l’adolescence. Brassés au vitriol de l’univers si particulier de Claire Castillon, ces textes courts (trois pages, le plus souvent) hypnotisent par la multiplicité de leurs revirements. A la fois tendres, drôles, caustiques ou immensément cruels, ils nous plongent dans le noyau même de ces instants fugaces où le plus tout à fait enfant (encore que) s’épouvante de l’adulte qu’il se sent devenir. Le rapport aux parents, surtout, démange sur toutes les coutures et on danse, fébrile, sur son siège en lisant. Ca gratte, ça tire, ça pousse, c’est passionnant. Telle cette gamine qui fulmine : ses parents refusent qu’elle se fasse percer les oreilles; c’est un drame, ça occupe l’intégralité de ses longues discussions avec sa meilleure amie, elles élaborent des palliatifs, des stratégies, c’est un objectif à long terme. Ca ferait presque passer au second plan leur Grand Projet : une fête pour leurs trente ans avec tous leurs ex. Où l’on comprend en épilogue le titre de la nouvelle : « Ton corps t’appartient ». Glaçant. Claire Castillon à son meilleur !

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