Bêtes féroces, bêtes farouches de Karen Köhler
Nouvelles
Actes Sud, 2017, 267 pages
Traduit de l’allemand par Isabelle Liber (Wir haben Raketen geangelt)

C’est le premier recueil de nouvelles de Karen Köhler (par ailleurs actrice et autrice de pièces de théâtre) et immédiatement, on espère de toutes nos forces qu’il sera suivi de nombreux autres (voire de romans). Tout est singulier dans ces neuf nouvelles, le ton, le rythme, l’univers, la manière de faire une chute (pas systématique d’ailleurs), la main qui serre imperceptiblement notre coeur à mesure que l’on appréhende ce qui se passe, la façon dont on se redresse pendant notre lecture, l’alarme qu’elle déclenche au plus profond de nos entrailles, attention, attention, c’est du très très bon.

« Je me suis fait virer de la place d’apprentissage, a-t-il dit.
Et il est où, le bus ?
Quel bus ?
Avec la foule de gens que ça intéresse ? »

« Nous ne nous disputons que sur notre machine à nous disputer, une vieille Olympia, et toujours en suivant les règles :
Un seule personne à la fois au clavier.
Interdiction de parler, seul écrire est permis.
Une seule phrase, ensuite c’est au tour de l’autre.
Les compte-rendus de disputes sont rangés dans des classeurs sur lesquels est mentionnée l’année. »

En dehors de la dernière nouvelle, qui donne son titre au recueil, que j’ai trouvée en-dessous dans la mesure où elle reprend cette histoire de russes partis vivre en marge de toute civilisation qui a déjà été déclinée tant et plus (même si elle la traite de manière personnelle et que le sujet est, bien sûr, fascinant), les huit autres m’ont emportée hors du monde durablement.

Une plume à suivre.

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