La guerre des encyclopédistes de Christopher Robinson & Gavin Kovite
Plon, collection Feux croisés, 2017, 471 pages
Traduit de l’anglais (Etats-Unis) par Stéphane Roques

Ils se rencontrent un été, en Italie. Accrochent. Deviennent inséparables – et ce n’était pas gagné, Hal et Mickey ont toujours été un peu dans leur bulle, ne se liant pas facilement – à tel point qu’un de leurs parents se demandera s’ils sont amoureux. Mais pas du tout. Ils sont les meilleurs amis du monde, comme on peut l’être dans les années 2000 aux USA : ils organisent des soirées, picolent, se droguent, Hal passe son temps à jouer aux jeux vidéos, Mickey le vanne copieusement. Et puis la vie les rattrape, Mickey est appelé en Irak, Hal commence l’université à Boston. Ils gardent (mal) le contact par l’intermédiaire d’une page wikipédia qu’ils ont créée…

« (…) leur existence unique et ordinaire de membres de la classe moyenne américaine du XXI° siècle. »

Ce premier roman écrit à quatre mains sonne juste dès les premières pages et cela ne se dément jamais. Roman d’apprentissage de facture classique, il explore deux univers opposés (Mickey à Bagdad en pleine guerre et Hal en prise avec les études) et fait remonter à la surface toutes nos propres interrogations de cette époque – vaste, immense, effrayante – où l’on doit déterminer une direction à donner à sa vie.
Tout est dit mais peut-être surtout dans ce qui ne l’est pas : roman sur le doute et les failles, il capture son lecteur et la tension ne faiblit pas jusqu’au point final. A lire !

« On ne peut pas souhaiter ne pas exister, puisque l’expression d’un souhait est une affirmation de notre réalité. Cogito Ergo Nihil : Descartes entre dans un bar. Le barman lui demande : « Je vous sers quelque chose ? » Descartes répond : « Je ne pense pas « , et disparaît. »

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