Ecrire à l’élastique de Nicolas Fargues & Iegor Gran
P.O.L. 2017 220 pages

« Mouais. Je n’en pense pas moins. Et dans ce moins que je pense, il y a du plus. »

Nicolas Fargues part quelques mois en Nouvelle-Zelande et Iegor Gran lui propose une correspondance littéraire pendant son séjour là-bas. Tous deux auteurs P.O.L., comme on serait d’une écurie, tous deux malicieux et férus d’auto-dérision, ils y vont à fond… Où comment le beau Nicolas Fargues (« Sauf qu’à quarante-quatre ans je ne suis plus un tintin et j’ai ma dignité face aux lotitas attardées en collants résille. » rame un peu (beaucoup) pour se hisser au niveau du spirituel Iegor Gran, avant que les vases ne communiquent et que chacun déteigne sur l’autre. Ca donne deux cocos qui passent leur temps à s’auto-dénigrer avec une certaine jubilation tout en faisant mine de taper sur tout ce qui bouge. On a parfois l’impression que chacun écrit la partie de l’autre, et même si pour ma part la provoc constante a ses limites (que de mépris, tout de même ! Bien sûr, c’est « pour rire », mais la répétition…), impossible de résister à l’échange Gran / Echenoz par exemple (un petit bijou) ou au décorticage de SMS version Nicolas Fargues.

« Si on ne peut même plus ranger les gens dans une boite d’allumettes, à quoi peut bien servir la littérature, je te le demande. »

Publicités