« C’est quoi le confort, mon gars ? C’est une table de nuit avec un verre pour mettre ton dentier ! J’ai pas besoin de confort : j’ai pas de dentier. »

Sauveur & fils saison 3 de Marie-Aude Murail
Ecole des loisirs, 2017, 311 pages

Ouh ça sent le tome final, avec la liste de recommandations culturelles à la fin et tout, et même si au départ c’était supposé être un roman unique et qu’on a de la chance d’avoir obtenu une trilogie, on ne peut pas s’empêcher d’espérer une suite, tant on n’a vraiment pas envie de quitter cet univers. Beaucoup d’émotion, dans ce troisième opus. D’abord on tremble pour Gabin depuis qu’il a projeté ce concert au Bataclan (depuis la saison 2), parce qu’on sait tous bien sûr ce qui s’y est passé, mais Marie-Aude Murail sait qu’on sait – elle sait même qu’on sait qu’elle sait qu’on sait (vous me suivez ? Sinon faites-lui signe, elle le demande elle-même dans une note de bas de page qui m’a tiré un éclat de rire) – et ne recule pas devant l’obstacle (tout va bien, respirez « Se confronter à la réalité, ce n’est pas se laisser sidérer.»). Ensuite on choisit son camp, un peu, parce que Sauveur exagère tout de même avec Louise (il a beaucoup de chance parce qu’elle est assez exceptionnelle, je dois dire). Enfin on se glisse dans tous les interstices de ce 12 rue des Murlins à Orléans où des trombes d’humanité pleuvent tous les jours de la semaine (et des crêpes le dimanche) « Oui, c’était super fatiguant, mais quel vaste territoire à explorer quand on a treize ans : soi ! ». Impossible à lâcher une fois commencé, beaucoup de sourires, quelques yeux qui piquent, un coeur qui déborde en tournant la dernière page. C’était bien !

« Il n’y a qu’une façon de dire oui, c’est oui. Tout le reste veut dire non. » (Talleyrand)

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