Le cercle et la flèche de Patrick Ness
Le chaos en marche 2.
Traduit de l’anglais par Bruno Krebs
Gallimard Jeunesse 2010 & Folio SF 2014

« Les océans de Nouveau Monde ne sont pas vraiment adaptés à la pêche.
– Pourquoi pas ?
– Les poissons font la taille de ton bateau, ils nagent à côté de toi, ils te fixent un moment et te disent qu’ils vont te manger. (Elle a un petit rire.) Et puis, ils te mangent.« 

A la vitesse à laquelle j’ai englouti ce deuxième tome, je comprends l’engouement autour de cette trilogie, même si mes irritations ont encore été nombreuses pendant cette lecture. Que ce soit addictif, c’est un fait, encore que le classement en littérature Jeunesse me semble poser question : il y a des moments vraiment durs (on notera sa parution en poche Folio SF, d’ailleurs, donc adultes). On avait quitté nos deux jeunes héros au moment où ils atteignaient Haven, lieu de tous leurs espoirs. Mais l’ultra méchant de l’histoire les y attendait, et c’est un tome entier de torture qui se met en place. Manipulés, placés malgré eux au centre d’une guerre inéluctable, ils se retrouvent chacun dans un camp différent et risquent plusieurs fois de s’y perdre, et surtout de se perdre l’un pour l’autre. On vibre avec eux et quelques personnages se détachent pour emporter notre affection, entre deux douches glacées quant à tout ce que nous évoquent les péripéties. Mais quelle plaie que ce choix d’une orthographe si fautive, d’autant que je n’en comprends pas bien le sens, ni l’utilité. Les colons ont passé vingt-trois ans sur cette planète, pourquoi et comment ont-ils perdu les « tions » ? Après voir lu deux tomes, je doute que le sujet soit un jour abordé, ou alors ce sera bien tard. Et on ne s’y habitue pas, notre cerveau relève malgré lui tous ces petits effets qui rendent un son de grincement. Et puis, surtout, que de lenteur dans le traitement des scènes dramatiques, ah ça, on a le temps d’entendre les violons monter en puissance, aucun risque d’impulsivité chez nos héros. Mais enfin un vaisseau vient d’atterrir, hors de question que je ne sache pas le fin mot de l’histoire, cap sur le troisième tome.

« Mieux vaut le diable qu’on connaît.
Je me demande pourquoi on n’a pas d’autre choix qu’entre deux diables, quand même. »

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