Les vérités provisoires d’Arnaud Dudek
Alma éditeur, 2017, 173 pages

« Une étude récente a montré que les êtres humains mentent en moyenne six fois par jour. Disons que, dans ce domaine, Jules n’est pas du tout dans la moyenne. Il aurait tendance, plutôt, à crever le plafond. »

Un drôle de type, ce Jules Carenti. Doué d’une mémoire proprement prodigieuse, il est aussi menteur comme pas deux et un petit peu perdu dans la vie. Sa soeur ayant disparu depuis deux ans, il s’installe dans son appartement et arrête tout : il ne mange plus (sinon du thon en boite et des biscuits à la fraise, de loin en loin), dort à peine et ne va plus en cours. L’absence de Céline est un gouffre dont il mesure mal les contours. Mais la vie a ses façons de se faufiler même dans les plus grandes tristesses… Qui n’a pas encore fait connaissance avec la plume désinvolte d’Arnaud Dudek ferait un très bon choix en commençant par ce roman. Qui a lu « Rester sage » (mon préféré, et le premier),  « Les fuyants » ou « Une plage au Pôle Nord » retrouvera ici un identique plaisir de lecture, le confort de se laisser prendre par la main par un auteur dont la tendresse et la bienveillance envers son histoire et ses personnages ne cesse de nous réconforter. Jolie surprise en plus avec un jeu typographique très réussi. Le billet d’Emmanuel.

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