Nouvelles définitions de l’amour de Brina Svit
Gallimard, collection blanche, 2017, 241 pages

Aimer, ça peut être envisager de planter de la coriandre ou de la mélisse, transposer le courage du désespoir comme seule façon de penser la crise grecque, se régaler de pâtes avec un peu d’avocat de de tomates, faire découvrir Alice Munro à un agent de sécurité intérimaire, prendre une auto-stoppeuse, se couper les cheveux, discerner cinq sourires différents chez une collègue, enfiler ses chaussures de tango, apprendre par coeur les oiseaux de la baie de Somme, ou se passer de poivre du Sichuan. Ou pas. Aimer, c’est vaste et mouvant et ça fait toujours un peu mal, à la fin. Brina Svit en parle comme personne. Elle nous raconte dix histoires, sans qu’on comprenne comment – ni pourquoi, en réalité – on les enchaîne les unes après les autres, on ne se dit même pas «encore une » ou « allez, la dernière », non, on les lit toutes, c’est tout, sans se poser de question ni rien entendre du monde autour. C’est simple, ça parait évident même, il y a des enfants, des appartements parisiens, des escaliers à la Défense, une demi papaye à Buenos Aires, une fille ingrate et égoïste, un écrivain au-dessous de tout (vraiment !), une très belle relation épistolaire entre deux collègues que tout oppose, beaucoup d’autres choses encore, et on aime tout. Tout. Un recueil de nouvelles totalement enthousiasmant.

Kathel pense la même chose.

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