Fête des pères de Greg Olear
Cherche Midi 2017 412 pages
Traduit de l’anglais (Etats-Unis) par Charles Bonnot (Fathermucker 2011)

« Les souris me terrifient. Je les déteste. Je déteste tout chez elles, mais par-dessus tout je déteste le bruit qu’elles font. Quand elles grattent, quand elles se cognent contre les murs. C’est comme le crissement des ongles sur un tableau noir, mais en pire, bien, bien pire. Celui qui a eu l’idée de l’expression filer comme une souris était sans doute l’auteur génial de dormir comme un bébé. Les souris font un putain de bordel, ducon, et tant qu’on y est, les bébés se réveillent toutes les nuits. Je sais de quoi je parle. »

24 h de la vie d’un homme. Josh Lansky, trente-sept ans, père au foyer. En plein dans les années terribles, un petit bonhomme de cinq ans, atteint d’un trouble du spectre autistique – comme on le dit quand on est politiquement correct – et une petite nana de trois. Scénariste, d’aspiration. Il y a cinq ans, un de ses projets a été option par Hollywood mais depuis rien ne s’est fait. L’argent reçu leur a permis de quitter New-York pour s’installer à New Paltz, mais ils tirent le diable par la queue. Son épouse, d’aspiration actrice, bosse chez IBM pour assurer le quotidien. Elle est depuis cinq jours en déplacement à Los Angeles quand une copine, un matin où le cercle des parents se réunit chez l’une avec les petits pas encore scolarisés, lui annonce gravement : « Je ne sais pas comment te dire ça, alors je ne vais pas y aller par quatre chemins. » Sa femme le trompe, croit-elle savoir… Un roman très contemporain et ultra référentiel (sans doute un peu trop, d’ailleurs) qui a des allures de comédie romantique inversée et qui pulse bien : excellent rythme, sincérité absolue, tendresse de folie et humour prégnant. La bonne recette pour nous caler au fond du fauteuil pendant quelques heures bien agréables. C’est le deuxième roman de Greg Olear, dont j’avais déjà aimé le premier : « Totally Killer« .

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