New York Odyssée de Kristopher Jansma
Rue Fromentin 2017 456 pages
Traduit de l’anglais (américain) par Sophie Troff (Why We Came To The City 2016)

« Irène détourna son regard vers le mur blanc. Elle voulait monter dedans comme dans un train et disparaître. »

C’est bien mystérieux la chimie d’un roman : mettez sur la table le thème, le résumé de l’intrigue ou les quelques éléments notables de ces 456 pages et on aura l’impression d’avoir déjà lu ça cent fois. Quatre amis depuis l’université qui tentent de s’établir à New York, de l’amour, un cancer, des amitiés, un soupçon d’astrophysique, une pincée d’homo(et de bi)sexualité, un hôpital psychiatrique, quelques zestes d’art contemporain et le tout traversé par L’Odyssée D’Homère – autant d’impressions de terrains familiers. Pourtant à peine a-t-on posé les yeux sur les premières pages que nous voici ferrés, embarqués dans un pavé qui fait reculer le sommeil, la faim ou la soif. Tout est ici question d’atmosphère, ou plutôt de la capacité de Kristopher Jansma à faire vivre New York sous les yeux du lecteur. On y est tellement qu’on ressent tout, tout, tout, y compris ce léger écoeurement devant cette superficialité érigée en « must » à laquelle on a bien sur déjà succombé soi-même. Un roman qu’on a envie de serrer bien fort entre ses bras !

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