No Home de Yaa Gyasi
Calmann-Levy 2017, 408 pages
Traduit de l’anglais (Etats-Unis) par Anne Damour (2016 Homegoing)

Ca commence au XVIII° siècle au Ghana par la naissance de deux soeurs. Même mère, pères différents, villages rivaux. Ca se poursuit par la descendance de chacune, génération après génération, jusqu’à nos jours. Une branche reste sur place, l’autre s’implante aux Etats-Unis. Une branche subit de plein fouet l’esclavage, l’autre s’en émancipe – par les moyens dont elle dispose (y compris en y participant – côté esclavagistes). Toutes et tous luttent, leurs vies durant. Un jour, elles se rejoignent… Un premier roman étonnant de maîtrise et très rythmé de par son procédé narratif. On s’attache très vite aux personnages successifs – certaines scènes sont très, très dures – et à un moment on se fait totalement happer, impossible de lâcher le roman, on est très loin et intimement en empathie. Brassant aussi bien les thèmes que les époques (plusieurs siècles et esclavagisme, ségrégation, mines de charbon, champs de coton, métissage, moeurs et coutumes africains…), Yaa Gyasi fait couler une solide documentation à travers une saga familiale impeccable. A lire !

Publicités