Des coccinelles dans des noyaux de cerise de Nan Aurousseau
Buchet Chastel, 2017, 221 pages

C’est François qui raconte et il a le style fleuri. C’est à peu près tout ce qu’il a de fleuri, d’ailleurs, dans sa vie au ras-des-pâquerettes. Emprisonné pour « vol avec ruse » (petits larcins, ruses Castor Junior), il a partagé sa cellule avec un minable comme lui et une grosse pointure. Il a fait le gros dos, beaucoup joué les idiots, et le voilà dehors. Depuis quatorze mois, il occupe une caravane le long de la Marne avec une handicapée et il fignole un gros coup… Dire qu’on ne le voit pas venir serait exagéré, mais il faut lui reconnaître malgré tout ceci : François sait baratiner. Le lecteur, comme les autres, se fait endormir bien comme il faut et quand il commence à comprendre, c’est malgré tout en oscillant en permanence entre l’incrédulité et une certaine fascination (largement teintée de répulsion). Un mec pas fréquentable, du tout du tout, mais une noire intrigue menée avec brio du premier au dernier mot.

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