La veuve de Fiona Barton
Fleuve Noir, 2017, 410 pages
Traduit de l’anglais (GB) par Séverine Quelet (The Widow 2016)

Pour son premier roman, la britannique Fiona Barton a opté pour une construction nerveuse qui se place alternativement du côté de trois personnages. On commence par la veuve, en 2010, alors que son mari, principal suspect dans une affaire d’enlèvement d’enfant vient de mourir. On passe ensuite à la journaliste, toujours en 2010, puis on revient par le regard de l’inspecteur, depuis 2006 – au moment des faits – jusqu’à nos jours, avant de terminer en direct live. Ce changement de point de vue sur la narration et les aller-retours entre les années (auxquels très vite, il faut bien le dire, on ne prête plus aucune attention, pressé de connaître la suite – et surtout le dénouement) laissent une grande place au doute, et on s’interroge vraiment : coupable ? Innocent ? Qui ? Et elle ? Coupable de quelque chose, c’est sûr, mais de quoi exactement ? En plus de l’efficace suspens habilement entretenu, on est sensible aux problèmes d’époque que posent les vies en ligne et cette forme si particulière de journalisme anglais. Bien mené, fond solide, un thriller tout à fait recommandable.

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