Afterparty de Daryl Gregory
Le Bélial 2016, 394 pages
Traduit de l’anglais (Etats-Unis) par Laurent Philibert-Caillat (2014)

« Mon corps a réagi au sien. Dopamine, norépinephrine et sérotonine – la famille complète des monoamines – se sont mises à galoper comme un troupeau de mustangs.
Le coup de foudre est un mythe, mais l’attirance sexuelle instantanée relève de la science exacte. Le système limbique sait ce qu’il veut et fait tout son possible pour que le cortex préfrontal, cette vieille fille chaste et geignarde, n’interrompe pas la fête. Mes gènes ont fait tinter leur gobelet en fer contre les barreaux de leur cellule et ont gueulé pour qu’on les laisse honorer leur mandat évolutionnaire : Re-pro-duc-tion ! Re-pro-duc-tion ! »

Il est très difficile de parler de ce roman de Daryl Gregory (dont les précédents traduits en français étaient tout aussi bons : « L’éducation de Stony Mayhall » et « Nous allons tous très bien, merci » parce que dès qu’on essaie d’expliquer un peu ce qu’on vient de lire ça semble compliqué, alors même que, sans être limpide non plus, il est véritablement très accessible et son côté retors participe au plaisir de lecture (décoder – ou plutôt resituer -les paraboles qui rythment l’action principale, se placer dans les points de vue philosophiques égrenés etc.). Peindre à gros traits les bases de l’intrigue ne me semble pas plus pertinent (ne pas lire la 4° de couv), tant il est délicieux de prendre les choses l’une après l’autre afin de les laisser faire leur chemin dans notre propre cerveau. Alors disons simplement que c’est de la SF cérébrale – dans le sens où il est principalement question de la chimie du cerveau, pas en complexité – et qu’elle est déclinée en un roman d’aventure : scènes d’action, rebondissement, chasse au coupable avec son lot de faux indices et personnages attachants et crédibles, le tout dans un environnement futuriste à la fois effrayant et excitant (les bisons d’appartement, la maison plus que connectée etc.). En bref, c’est à lire !

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