« Lorsqu’il eut fini d’arracher le premier croc, de lointains souvenirs lui revinrent à l’esprit, des souvenirs d’école :

Qu’est Lumière ?
Lumière est Esprit.
Où Lumière réside-t-elle ?
Si l’homme n’était pas plein de péché, Lumière serait
partout.
Pouvons-nous entendre ou toucher Lumière ?
Non, mais dans l’au-delà nous La verrons !

Quelle absurdité ! De toute façon, personne ne pouvait expliquer le verbe verrer. Que fites-vous à la Toute Puissante lorsque vous la verrâtes«

Le monde aveugle de Daniel F. Galouye
Traduit de l’américain (Dark Univers) par Franck Straschitz
Traduction révisée par Julie Pujos
Denoël 1961 & Folio 2010 292 pages

Ca commence directement dans le vif du sujet : nous sommes avec Jared, vingt-sept périodes de gestation, aux prises avec une fauve-souris. Un combat qui pourrait sembler inégal si ce n’était l’acuité des sens de notre héros. Car nous sommes dans un monde d’après, après quoi, ce n’est guère clair dans l’esprit des gens qui vivent dans ces niveaux où règne l’obscurité la plus profonde. « Obscurité » et « Lumière » sont d’ailleurs leurs noms pour désigner le bien et le mal, et c’est parce que Jared s’interroge au sujet de ces concepts (qui ont été déifiés) qu’il ne cesse d’explorer et de tenter de se figurer ce qu’est le monde et ce qui a pu arriver… Roman de pure science fiction qui allie l’Aventure à l’attachement aux personnages, « Le monde aveugle » mène une vraie réflexion philosophique et propose un épilogue qui répond à toutes les interrogations du lecteur (qui ne cesse d’essayer de transposer tout au long de sa lecture) : tout simplement excellent.

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