« Il paraît qu’il y a plus de connexions dans le cerveau qu’il n’y a d’étoiles dans l’Univers. Typiquement le genre d’informations invérifiables que des relous vous racontent à des comptoirs de bistrots, et vous ne savez pas quoi répondre. Typiquement le genre d’informations qui n’apportent rien, qui veulent tout dire et donc absolument rien. C’est comme si je disais que j’ai plus de cheveux sur le crâne que Rocco Siffredi a de couilles dans le slip. C’est vrai, mais ça ne dit rien. »

Mauvais coûts de Jacky Schwartzmann
La fosse aux ours, 2016, 200 pages

Gaby Aspinall, 47 ans, une baraque (près de 2 mètres et plus de 100 kg). Acheteur dans un grand groupe industriel, on ne la lui fait pas, à lui. Sur rien. La mauvaise foi chevillée au corps, il mène sa petite barque en naviguant à vue, entre deux lâchetés et trois bordées d’injures en douce, tendance sournoises. Il a pourtant quelque chose de sympathique, et ses analyses de la société corsetées dans un langage fleuri (voire pire) ne manquent pas d’une certaine intelligence. Jusqu’à ce qu’il révèle sa vraie nature, ou cède brusquement à ses pires instincts, difficile de trancher mais le fait est là : pas si sympathique, au fond. En attendant, on prend grand plaisir à l’accompagner dans son quotidien de tonton flingueur et on ne lâche pas ce court roman. Rafraîchissant.

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