La violence en embuscade de Dror Mishani
Seuil, 2015, 320 pages
Traduit de l’hébreu par Laurence Sendrowicz (Efsharut shel Azimut, 2013)

La deuxième enquête de l’inspecteur Avraham Avraham (qui ne peut absolument pas se lire sans avoir lu la première) s’ouvre alors qu’il est encore tout à fait déstabilisé par la première et en toute logique il a tendance à surinterpréter la moindre chose. Il vient de passer l’été à Bruxelles, s’apprête à accueillir à son tour son amoureuse et dépanne le commissariat en procédant à l’interrogatoire d’un suspect arrêté sur les lieux d’une alerte à une valise piégée. C’était une fausse bombe mais en Israël on ne plaisante pas avec ce genre de choses, d’autant qu’elle a été déposée devant une crèche et peut tout à fait représenter un avertissement. De quoi, pour qui, tout est encore à préciser… On retrouve la tonalité très grise de l’univers de Dror Mishani et une construction identique, où l’on s’attache, en parallèle de l’enquêteur, à un protagoniste que l’on sait important dans l’histoire mais sans jamais tout à fait pouvoir exactement cerner en quoi (avec effet de surprise final), et tout du long on oscille entre empathie et envie de fuir tout ça.

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