La marche du mort Larry McMurtry
Gallmeister 2016, 506 pages
Traduit de l’américain par Laura Derajinski (Dead Man’s Walk 1996)

« Lonesome Dove : les origines » est le sous-titre de ce bon gros pavé et il est intéressant de noter qu’il s’agit d’une vraie préquelle, écrite en 1996 (1985 pour les deux tomes de Lonesome Dove). D’ailleurs, je ne conseille pas de commencer par la jeunesse de Call et Gus, mais bien de faire leur connaissance à leur âge d’or puis de venir éclaircir leurs jeunes années; dans cette configuration, c’est un régal de constater leur extrême naïveté (parce qu’on sait quels hommes avertis ils sont devenus) et ça entoure « la » rencontre entre Clara et Gus d’un halo d’excitation formidable (quelle femme !). Pour le reste, c’est un formidable western que l’on dévore avec grand appétit et auquel il ne manque rien. Mention spéciale à la scène incroyable des arias de Verdi au serpent, j’en frissonnais.

« Caleb Cobb restait indifférent aux hurlements de Matilda. Il mangeait un morceau de viande de cheval – il jetait de brefs coups d’oeil à la femme. Il était amusé de voir que des sanglots féminins incommodaient la troupe. L’amour, dans tout son mystère, s’était frayé un chemin parmi eux et ça ne leur plaisait pas. Une putain était tombée amoureuse d’un vieux montagnard. Ce n’était pas dans l’ordre des choses, mais c’était pourtant arrivé. Les hommes s’en trouvaient déconcertés – c’était improbable, voire contre nature. Ils étaient presque moins inquiétés par les Comanches. les Indiens faisaient ce qu’on attendait d’eux, c’est-à-dire tuer des Blancs. Cela impliquait peut-être un combat jusqu’à la mort mais, au moins, il n’y avait pas d’incertitude, on savait à quoi s’attendre. Une femme qui hurlait comme une louve, par contre – quelle logique y avait-il à cela ? »

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