mauvignier

Continuer Laurent Mauvignier
Editions de Minuit, 2016, 240 pages

En 2014, j’aurais volontiers donné le Goncourt à « Autour du Monde » que j’avais trouvé excellent. Deux ans plus tard, je n’ai pas l’impression de lire le même écrivain. Dans «Continuer », s’il s’applique à décortiquer par de courtes phrases nerveuses les mécanismes de la pensée de ses protagonistes, Laurent Mauvignier échoue, à mon sens, et dans la tenue de son histoire et dans la justesse des sensations évoquées, libérant de surcroît un pathos un peu dégoulinant dont on peine à s’extirper. Nous sommes de nos jours, à Bordeaux. Sibylle, en pleine quarantaine, travaille comme une brute dans un hôpital puis rentre fumer des tonnes de cigarettes chez elle, le regard dans le vide. Récemment divorcée, elle a perdu le contact avec son fils Samuel, seize ans, qui vit pourtant avec elle. Après qu’il a passé une nuit en prison (difficile de comprendre à ce moment là la façon ultra légère qu’a l’auteur de « passer » sur un presque viol…), Sibylle décide de partir avec lui, plusieurs mois, à cheval. L’éloigner de cette vie grise qui n’a pas de sens pour lui, lui réapprendre ce sens dans la nature. Ce sera le Kirghizistan, elle parle Russe, ce sont ses racines. A partir de là on plonge dans une sorte de « Rendez-vous en Terre inconnue » qui m’a semblé se cantonner dans la facilité des clichés (ou disons des évidences), avec en parallèle une exploration des personnalités qui souvent fait preuve de simplisme. L’épilogue n’est pas en reste, chargé et vraiment peu crédible. Une grande déception.

C’était en revanche un grand coup de coeur pour Clara.

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