slimani

Chanson douceLeïla Slimani
Gallimard, collection Blanche, 2016, 227 pages

Paris, de nos jours, Myriam ne supporte plus de rester à la maison pour s’occuper de ses deux enfants. Lorsque Mila est née, pourtant, il lui a semblé impossible de quitter ce tout petit bébé, puis Adam est arrivé, et sa carrière d’avocate a été repoussée. Son mari travaille dans la musique, il n’a pas d’horaires, rentre au milieu de la nuit. C’est tout petit, chez eux, Myriam étouffe. Ils décident de prendre une nounou à domicile. C’est Louise qu’ils choisissent. La quarantaine, veuve, frêle et blonde, elle s’impose comme une évidence. Très vite, elle devient indispensable, s’occupe de tout, cuisine, range, nettoie, et les enfants l’aiment beaucoup. Idyllique ? Non, forcément, et Leïla Slimani nous l’expose avec un sens consommé du détail, scrutant le moindre recoin de ces vies qui pourraient être les nôtres. Elle saisit l’attention du lecteur dès les premières pages et ne l’autorise à la relâcher qu’après son point final, le bousculant par l’impression de proximité de ce qu’elle décrit. Tout en nuance et avec une subtile progression dramatique, on en termine glacés. Très fort !

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