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Un bon écrivain est un écrivain mortGuillaume Chérel
Mirobole éditions, 2016, 241 pages

J’ai lu le billet de Mior alors même que je m’apprêtais à entamer ma lecture de ce roman, acheté, comme elle, sur une irrésistible impulsion due à la maison d’édition (que j’aime, donc) et aux promesses de la 4° de couv (« Pastiche, roman de l’anti-rentrée littéraire »), et loin de me décourager, son coup de griffe m’a motivée : j’étais toute prête à m’amuser et me disais qu’avec un peu de chance, ma perception de l’humour n’était pas la sienne. Mais rien à faire.
Parce qu’il a passé trois mois en résidence d’écrivain au monastère de Saorge, Guillaume Chérel a eu l’idée de concocter une petite farce potache sur cet endroit en y glissant quelques autochtones réels et en choisissant dix écrivains très médiatiques pour les faire jouer aux dix petits nègres dans une ambiance vaguement gothique. Il les égratigne à peine (on ne peut pas dire que ce soit méchant, tout juste perfide parfois) et en fait des tonnes, ne nous épargnant aucun jeu de mot facile (« Ghostbuster qui tonne » etc.) sans toutefois prendre la peine de bâtir une intrigue qui tienne la route, ponctuant le tout de banalités dont, honnêtement, tout lecteur se moque (« Francesco avait découvert que la jalousie entre écrivains était le pire fléau de ce microcosme condescendant, étriqué, auto-satisfait, imbu de lui-même, où tout le monde se connaissait et se cooptait sans se lire et en faisant semblant de s’apprécier. ») Ca amusera peut-être (sans doute) ceux qui sont cités (ils se trouveront eux-même horriblement mal caricaturés évidemment), mais en dehors de ça…

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