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Station ElevenEmily St. John Mandel
Traduit de l’anglais (Canada) par Gérard de Chergé
Rivages, 2016, 475 pages envoûtantes

Une grippe. Il aura suffit d’une bonne vieille grippe foudroyante – l’Histoire n’en manque pas – pour éteindre toute trace de civilisation (notons que tout a commencé en France, merci Emily…). Jeevan était au théâtre, son meilleur ami, aux premières loges dans un hôpital canadien, l’avertit, il fait un stock monumental d’eau et de nourriture et se retranche dans l’appartement de son frère. Il survivra. C’est le cas pour un petit nombre d’individus (c’est toujours le cas), qu’ils soient immunisés naturellement (rare) ou que les circonstances les aient placés hors d’atteinte du virus. Mais survivre suffit-il ? (Non, d’après Star Trek). Dans une humanité repartie à zéro après la pandémie, sans eau courante, ni électricité, sans moyens de déplacements rapides, sans alimentation à acheter au magasin du coin, et surtout peut-être à la merci de n’importe quels virus ou bactérie qui traîne, la poignée de survivants ne s’entraide pas tellement, à vrai dire. Le désespoir a de tous temps encouragé les folies diverses…
Ca, c’est la trame de fond (et elle est solide), mais Emily St. John Mandel nous propose en plus une histoire totalement attachante, et addictive, en effectuant des aller-retours entre le présent et ce futur apocalyptique qu’elle imagine et en liant les personnages entre eux à divers degrés d’éloignement, usant de prolepse (avec subtilité) et rivant le lecteur à son suspens d’une manière que j’ai trouvé magistrale.
J’ai adoré ce roman qui est d’une grande douceur malgré son univers terrible. Et puis, Shakespeare…

Le billet de Cathulu.

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