miloszewski

La Rage Zygmunt Miloszewski
Fleuve Noir, 2016,
Traduit du polonais par Kamil Barbarski

Nous avons rencontré le procureur Teodore Szacki alors qu’il avait trente-cinq ans et officiait à Varsovie (« Les Impliqués »); nous l’avons retrouvé quatre ans plus tard, divorcé et muté à Sandomierz (« Un fond de vérité »); dans le tome qui clôt la trilogie (et qui n’est plus édité chez Mirobole mais chez Fleuve Noir ?!) quatre années de plus se sont écoulées et notre procureur est installé à Olsztyn (la ville aux onze lacs…), englué dans une chape d’ennui. Il a l’impression de n’avoir affaire qu’à des cas d’une grande banalité, l’ambiance à la maison entre sa fille et sa nouvelle amoureuse est affreuse (elles s’entendent bien, en fait, mais quand il est là tout est problématique), il n’en peut plus des embouteillages et de la laideur polonaise, le collègue qu’il supervise est d’une rigidité effrayante et c’est l’hiver. Mais soudain la découverte d’un squelette va déboucher sur un mystère et l’ennui est envolé : on va d’horreur en monstruosité.
Le thème central du roman est la violence familiale (conjugale et domestique), aussi bien physique que verbale ou situationnelle, et la manière dont elle est perçue et gérée à la fois par ceux qui en sont victimes ou coupables et par ceux qui savent mais ne font rien (et cela vaut aussi, on le verra, pour ceux dont c’est pourtant le métier). L’intrigue est super prenante d’autant plus qu’elle débute par une scène grandement déconcertante : notre procureur en train de tuer quelqu’un. Pourquoi, comment, on le prend à rebours et on y est à fond (on frémit vraiment plusieurs fois). Dommage alors pour l’épilogue qui n’est pas du tout satisfaisant, à la fois tortueux et expéditif, et qui laisse beaucoup de questions sans réponses. Cependant, tout comme dans les deux premiers tomes, le survol de la société polonaise contemporaine est passionnant et on espère que l’auteur continuera à nous y faire voyager, même sans son procureur fétiche !

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