« Parfois on croit s’intéresser aux autres alors qu’on ne fait que s’en servir. »

Joncour

Repose-toi sur moi Serge Joncour
Flammarion, 2016, 427 pages

« Mais quand en plus on les garde pour soi, ses conneries, ce n’est jamais bon signe. »

C’est un de ces immeubles parisiens très parisiens : une cour intérieure, deux bâtiments, un cossu et l’autre limite insalubre. Deux escaliers différents (point de rencontre : les boites aux lettres), quelques habitants, disparates. D’un côté, ceux qui sous-louent ou quelques nonagénaires esseulés, de l’autre une famille bourgeoise qui occupe tout un étage, des appartements vides qui sont loués à prix d’or aux touristes. C’est là qu’Aurore et Ludovic se rencontrent, eux qui n’ont rien en commun. Autour de deux corbeaux, dans un premier temps. Puis très vite, les contraires s’attirant de tous temps, autour de quelques étincelles charnelles. Seulement il y a tout le reste, un « reste » bien compliqué…
Beaucoup de bonnes choses dans ce nouveau roman de Serge Joncour, notamment le métier de Ludovic, découpé en scènes fortes d’une grande humanité, la manière dont il développe ce que ça fait d’être une « baraque » (un physique imposant, disons) dans une société parisienne dense et codéifiée, et un très joli épilogue – mais plusieurs éléments moins réussis, aussi. Aurore m’a assez rapidement irritée, ses atermoiements et sa passivité sont lassants, impression renforcé hélas par de nombreuses répétitions assez maladroites (« le geste émouvant de son père l’avait ému », ce genre de choses), et j’ai eu l’impression plus d’une fois que ça tournait un peu en rond (même si l’épilogue, donc…).

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