« T’es le type le plus con que je connaisse et pourtant j’ai vécu dix ans en Seine-et-Marne ! »

Oiseau

Je vais m’y mettre Florent Oiseau
Allary éditions, 2016, 220 pages

Fred, 43 ans, n’a jamais rien fait de sa vie. Mais là, il faut qu’il s’y mette. Il va s’y mettre. Allez, il s’y met. Demain, c’est promis. Ce n’est pas qu’il choisisse délibérément de procrastiner, c’est que les jours s’ajoutent aux jours et que sa bonne volonté s’égare dans les vapeurs d’un alcool qu’il consomme sans compter. Locataire presque gracieux d’un oncle parisien, il sent bien que son père le bat froid depuis la mort de son frère – renversé par une voiture alors qu’il allait chercher une autre bouteille, à sa demande. Il faisait acte de solidarité en passant ses après-midi avec une voisine âgée et solitaire, jusqu’à ce qu’il l’initie au Calva et qu’elle n’y résiste que peu de temps. C’est pour rendre service qu’il s’est alors mis à gérer les passes de l’auxiliaire de vie qui y avait perdu sa patronne. Avec celles de sa copine, tant qu’à faire. Une situation qui met en branle une certaine paranoïa, jusqu’à le faire s’exiler en Espagne, histoire que tout ça se tasse… Loser lucide (quoique naïf) et pas antipathique, notre héros se laisser bercer par les aléas d’une vie quotidienne ouverte à ce qui passe, en n’étant jamais très regardant quant à l’éthique mais sans mauvaises intentions. L’auteur le fait déambuler le long d’une ligne tissée d’humour, à coup de métaphores et d’interprétations plutôt pertinentes. Un premier roman sympathique.

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