Tuil

L’insoucianceKarine Tuil
Gallimard, 2016, 524 pages

Ils sont quatre personnages principaux aux antipodes les uns des autres : il y a le jeune soldat tout juste rentré d’Afghanistan, la journaliste-écrivain engluée dans un mariage condamné d’avance, le grand patron qui va subir un puissant lynchage médiatique et enfin le politicien autodidacte issu des cités. Romain rencontre Marion lors du séjour de décompression à Chypre après sa mission, Osman connaît Romain depuis l’enfance et François est le mari de Marion. Ils se heurtent les uns aux autres et foncent tout droit dans ce que notre époque peut produire de pire… Qui a déjà lu Karine Tuil connait sa plume rageuse et volontaire, qui trouve ici matière à en mettre plein les yeux. Pas un instant de répit, jamais de demi-mesure et aucun sujet tabou, on se glisse dans la vie et la peau de tous les personnages en passant par une myriade d’états différents et ça nous laisse groggy, un peu ko, vaguement nauséeux aussi tant ces quatre-là ont une propension à n’expérimenter le monde qu’à travers leur propre intérêt – je me disais, c’est fou tout de même, en dehors de ce qui leur arrive à eux très personnellement jamais rien ni personne n’est dans leurs pensées ou ne soulève leur émotion. Beaucoup de froideur derrière la vivacité du rythme et quelque chose qui coince le lecteur, qui l’enserre dans les problématiques évoquées et c’est fortiche ! Un roman puissant.

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