« Je ne sais pas trop ce que vous imaginez, mais laissez-moi vous dire une chose : le monde n’est pas peuplé de gens qui attendent d’élever vos gamins à votre place. »

Henderson

Yaak Valley, MontanaSmith Henderson
Belfond, 2016, 575 pages
Traduit de l’américain par Nathalie Peronny (Fourth of July Creek 2014)

 

Pour son premier roman, Smith Henderson a tapé juste immédiatement. En racontant l’histoire de Pete, assistant social qui couvre un territoire immense aux nombreuses étendues hostiles, il nous plonge au coeur de la pire misère qui soit, celle qui condamne irrémédiablement l’enfance et instaure son cercle vicieux – la répétition. Des familles en perdition, il en croise tant et plus, à commencer par la sienne. Dans un quotidien embrumé par l’alcool et la passivité, il tente malgré tout de tendre la main vers ceux qui en ont besoin – pas toujours de la meilleure façon. Pete est un héros qu’il serait facile de prendre en grippe, s’il ne possédait pas cette qualité ambivalente : il ne lâche jamais. Patiemment, en faisant des détours, en s’égarant parfois sur de mauvais chemins, il revient sur son ouvrage et si ça ne marche pas, il essaie encore. Ailleurs. On pénètre dès les premières pages dans une Amérique des trous paumés où le pire est quotidien et on s’arrache lentement le coeur – car tout est encore pire qu’il n’y paraissait initialement. Envoûtant.

« Wyominer, c’était aller de nulle part vers nulle part. A travers nulle part. »

« Quand quelqu’un veut pas qu’on le retrouve, qu’est-ce qu’on peut y faire ? »

Net Galley

Publicités