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Nous sommes le 7 juillet 2016 et j’ai terminé ma troisième lecture pour le * * Summer Star Wars, épisode VII * *.

Leckie

La justice de l’ancillaire (Les chroniques du Radch 1) – Ann Leckie
J’ai lu, collection Nouveaux millénaires, 2015, 441 pages
Traduit de l’anglais (Etats-Unis) par Patrick Marcel (Ancillary Justice Imperial Rach 1, 2013)

Rien moins que sept prix littéraires pour ce premier roman d’Ann Leckie qui débute ce qui est annoncé comme une trilogie (le deuxième tome a paru récemment) et si on s’attend à du lourd on est forcément déçu : c’est bien, mais ce n’est pas génial non plus.
L’entrée en matière est très réussie, on fait la connaissance de quelqu’un alors que sans même savoir pourquoi, elle sauve la vie d’un officier sous les ordres duquel elle a travaillé. Il y a mille ans.
En intercalant leur présent (les rapports qui se créent entre les deux et ce qu’elles vont faire) et ce qui les a amenées à se rencontrer à nouveau mille ans plus tard (ce qui s’est passé à l’époque), l’autrice parvient à nous attacher de plus en plus à son intrigue et nourrit avec habileté notre curiosité pour ce très étrange futur, aux moeurs et rites très codifiés.
Le parti pris de la traduction est intéressant : dans ce futur les « citoyens » ne sont pas clairement homme ou femme, ou plutôt ils ne l’affichent pas ostensiblement (les signes conçus pour distinguer les genres changent d’un lieu à l’autre, parfois de façon radicale); le féminin l’emporte par principe, tout est « elle », mais le mot qui suit reste masculin (une citoyen, la capitaine, quelqu’une, etc.). C’est extrêmement troublant à lire, dans le sens où malgré soi le cerveau bloque et achoppe sur presque tout, sans jamais s’habituer (le mien en tout cas).
L’idée initiale est très prometteuse, l’héroïne est une intelligence artificielle qui a échappé à un massacre dans un seul et unique corps et cherche vengeance – sans savoir dans quelle mesure elle a un libre arbitre.
Et tout ça se déroule de planète en station orbitale, avec une grande importance donnée aux vaisseaux (et pour cause).
Sur la papier tout est réuni pour donner effectivement un roman formidable mais l’osmose ne se produit pas, car de manipulations en explications qui ne font que complexifier ce qu’un esprit humain à déjà du mal à concevoir, on a plus d’une fois l’impression de patauger. Le vrai problème étant que ça se passe à des moments ultra basiques, pour des scènes d’action qui en plus n’ont rien de spectaculaire.
Et en même temps c’est très moderne – pour avoir tenté de la SF des années 70, j’ai vu une vraie différence.

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