Murail

Sauveur & Fils (saison 1) – Marie-Aude Murail
Ecole des loisirs, 2016, 329 pages

« Par déformation professionnelle, Sauveur ne croyait pas aux coïncidences. »

C’est en novembre seulement que paraîtra la saison 2 de « Sauveur & Fils » et ça va ne va pas du tout : quand c’est bon, on veut la suite immédiatement, m’enfin ! « Sauveur & Fils », c’est ce genre de roman qui repousse les limites d’un genre (Jeunesse)* pour accueillir tous ses lecteurs et les faire se sentir chez eux. Partager le quotidien d’un psychologue est une mine pour explorer la notion même de contemporanéité et le ton est parfait : la plume se fait toute légère pour raconter les pires et c’est chaleureux en diable. Empli d’humour, de situations très justes, de personnages que l’on jurerait connaître, on voudrait ne jamais en sortir. Je recommande chaudement !

« Mais il était lâche et il utilisait l’arme des lâches. La haine. »

* D’ailleurs voici ce que l’autrice déclare : « A quelle tranche d’âge s’adresse ce livre ?
Au Salon du livre cette année, je n’ai vu que des adultes ! Mais ce sont ceux qui ont grandi avec les livres de l’école des loisirs et qui assument complètement de me lire encore. Et cela peut être intéressant pour eux d’ailleurs de voir ce qu’est la jeunesse d’aujourd’hui.
Dans mon livre, il y a aussi des personnages de parents, qui sont faillibles, attachants ou perturbateurs et j’ai envie de montrer ça aux enfants. Dans la deuxième saison je vais montrer par exemple une femme hyper possessive qui conduit son fils à la violence. Mais pour répondre à votre question, le texte est très accessible, il peut être lu à partir de douze-treize ans.« 

Oh et ceci ! : « Comment arrivez-vous à jongler avec tous ces nombreux personnages ?
J’arrive à m’y retrouver parce que j’ai lu Dickens. Dickens fait parfois parler plus de cent cinquante personnages, et on s’y retrouve forcément car il force le trait pour chacun. Il les type énormément, parfois jusqu’à la caricature : un phrasé, une attitude, un tic de langage, ce qui fait que l’on sait toujours qui parle. Les personnages sont toujours recadrés dans leurs dialogues et j’avais déjà expérimenté ça dans Vive la République ! (Pocket). Je savais que ça fonctionnait. »

Mais tout est à lire chez Nathalie Riché.

 

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