ssw-7

Nous sommes le 28 juin 2016 et j’ai terminé ma deuxième lecture pour le * * Summer Star Wars, épisode VII * *.

vinge

Au tréfonds du cielVernor Vinge
Editions Robert Laffont 2001 & Le Livre de Poche SF 2004, 983 pages
Traduit de l’américain par Bernard Sigaud (A Deepness in the Sky, 1999)

« On a des milliers d’années de perfidie d’avance sur ces nouveaux venus. »

Nous sommes dans un fort fort lointain futur dans lequel la Terre n’est plus que la planète d’origine. Elle a essaimé des humains un peu partout dans la Galaxie qui vivent plusieurs siècles, grâce à de longues périodes de sommeil cryogénisé pendant les années nécessaires aux déplacements. Autour de l’étoile Marche-Arrêt, où vivent des araignées non-humaines mais intelligentes, deux ennemis vont s’affronter – et deux conceptions radicalement différentes de l’existence : les Queng-Ho (« Signalons à tout hasard que l’initiale de « Queng-Ho » se prononce comme celle de « Tchernobyl » (Tricia Consol comprendrait le problème !) »), un peuple dédié au commerce, et les Emergents, qui sont prêts à tout pour augmenter leur puissance…
« Un chef-d’oeuvre du Space Opera », claironne la 4° de couv et c’est tout à fait pour découvrir ce genre de roman que je me suis inscrite au Summer Star Wars.
C’est un roman vers lequel je ne serais jamais allée sans ce petit coup de pouce, et que j’aurais de toute façon abandonné si je ne m’étais promis de chroniquer tout ce que je lirai dans ce cadre.
Et bien sûr, j’aurais eu tort dans les deux cas !
Pour qui n’est pas habitué au Space Opera, les premiers pas sont déroutants; tout le vocabulaire technologique, les concepts liés à la pesanteur (et surtout à son absence), la grande part de science et les batailles proprement dites sont autant de freins à la pénétration de l’intrigue; et puis les choses se mettent en place, on trouve l’angle qui nous invite et on ne décolle plus.
Il y a plusieurs couches et sous-couches dans ce roman. On apprend lentement à connaître les personnages qui se révèlent tous beaucoup plus intéressants que leurs premiers abords. Il y a un vrai suspens (avec une surprise finale), des péripéties, des manipulations, des histoires d’amour, et la découverte en profondeur du peuple des araignées avec le paradoxe lié à la traduction : quand des humains traduisent leur langage, inévitablement ils humanisent ce qu’ils entendent et créent une façon de voir ce peuple qui se réfère forcément à ce qu’ils connaissent et fantasment; la réalité se révèlera bien décalée…
De nombreux thèmes sont abordés en fonction des fils narratifs que développe l’auteur et ça donne vraiment l’impression d’être meilleur de page en page, ou plutôt on sent monter une sorte d’excitation tellement tout devient de plus en plus intéressant et on se met à transposer à tout-va. Prix Hugo 2000.

« L’essence de la créativité est une certaine espièglerie, l’art de voleter d’une idée à l’autre sans se laisser embourber par des exigences rigides. »

Publicités