Dietland

DietlandSarai Walker
Atlantic Books, 2016, 307 pages

Alicia Kettle, dite « Plum », la trentaine, est en obésité morbide. Elle ressemble en ceci à sa grand-mère maternelle, toute sa vie elle a lutté contre son poids. Elle mène une vie de recluse, travaillant à domicile pour une égérie des adolescentes, dont elle rédige les réponses au courrier des fans (une sorte de courrier des doléances). Sortir de chez elle est toujours une épreuve, elle est hypersensible au regard des autres, dont elle ne perçoit que les moqueries. Elle s’aperçoit un jour qu’elle est suivie par une étrange jeune femme, qui lui remet bientôt un livre. C’est un électrochoc qui réactive une partie de son adolescence traumatisante…
Pour son premier roman, Sarai Walker a choisi de se confronter à deux thèmes solides sans langue de bois : la dictature de la minceur (et son marché juteux) et la place de la femme dans la société. Elle y va à la kalachnikov, en outrant fortement son propos – et le lecteur se sent forcément mal à l’aise. Après une première partie intimiste, où l’on apprend à mieux connaître Plum et son parcours du combattant dans la jungle des kilos, on bascule dans une sorte de nébuleuse underground où une terroriste féministe enlève et extermine des hommes (en les jetant vivants depuis un avion en vol…) et où Plum trouve refuge dans une organisation pro-femmes qui va l’aider à se rebeller. C’est excessif dans toutes les occurrences, et on a du mal à conserver notre empathie devant les réactions tranchées de l’héroïne – tout autant que de constater l’inertie de certains personnages. Ca manque sérieusement de subtilité mais pour autant, le suspens fonctionne bien et jusqu’au bout on a envie de savoir ce qui va se passer ensuite.

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