La Ficelle

La maison d’édition « L’Ecole des loisirs » a une histoire avec chacun d’entre nous. Pour ma part, je l’ai découverte quand Fiston était en maternelle, elle était (elle est toujours ?) la chouchoute des enseignants et il me semble que tout le monde en parlait. Chez le libraire, elle avait une armoire « privée » avec une collection fournie. Par le biais de Fiston, j’ai découvert, par exemple, Akiko Hayashi, ça ne me parlait pas trop, c’était vraiment pour les petits. En continuant à m’intéresser à cette maison d’édition, j’ai été éblouie par Louis Sachar, dont j’ai tout lu, pour moi, en m’y intéressant vraiment, sans plus avoir besoin de l’excuse de Fiston pour acheter ses livres. Il y a eu aussi le coup de foudre pour Valérie Zenatti, le plaisir avec Patricia Clapp, la claque avec Robert Cormier, l’enchantement total de Miss Charity, la bio de Charles Dickens par Marie-Aude Murail qui a réussi à me faire pleurer, son Malo de Lange, Marie Desplechin dont chaque livre me réjouit, la fantaisie si joyeuse du lac Baïkal de Christian Garcin, les Quatre soeurs de Malika Ferdjoukh, bien évidemment ma très chère Susie Morgenstern et toutes les autrices et tous les auteurs que j’oublie de citer mais qui au fil des années ont participé à faire du catalogue de cette maison d’édition un modèle du genre.

Et puis j’ai lu le billet de Virginie et découvert ce blog : La Ficelle.

Qui dit :

« Une grande maison d’édition jeunesse, L’Ecole des Loisirs, change de cap sans prévenir. Des auteurs de romans restent à quai, d’autres sont tombés à l’eau. Dans ce blog, des auteurs concernés prennent la parole pour donner leur point de vue. Ils souhaitent dire ce que L’école des Loisirs représentait pour eux; parler littérature jeunesse, celle qu’ils aiment et qu’ils veulent écrire; montrer leur soutien à ceux qui partent ou ceux qui restent; et pourquoi pas parler économie, politique éditoriale et politique au sens large. Bref, dialoguer, s’exprimer et dire à Loisirs. »

J’ai lu les billets de Coline Pierré (« L’idéal a perdu de son éclat. »), Fanny Chiarello (« Je pars mais je n’oublie pas que la maison dans laquelle j’ai grandi en tant qu’auteur pour la jeunesse est en proie aux flammes, avec tant d’amis encore dedans, et je n’oublie pas que les architectes, dehors, assistent désemparés à cet incendie criminel.« ), Claire Castillon (« On ne peut pas avoir eu pour soi la banquise, le droit au secret, la liberté pour horizon, la place aux commandes des huskis et finir dans un ouaf soumis, par trouver qu’un glaçon c’est bon. »), Isabelle Rossignol (« Tant il est vrai que l’École des loisirs, avec ce virage, semble être entrée dans l’ère de l’économie de marché, cherchant des textes vendeurs et estimant visiblement qu’Arthur Hubschmid est le seul à détenir la clé de ce qui se vend. »), Nastasia Rugani (« Je souhaite à tous les auteurs d’un premier roman de recevoir une lettre de « presque » refus de Geneviève Brisac. ») et enfin Alice de Poncheville («  Et comment cet échange de 11 minutes mit un terme à une relation vieille de 15 ans. »).

J’ai lu et évidemment, moi aussi, comme Virginie, « Par ce billet, je témoigne mon soutien aux auteurs et aux salariés de cette maison d’édition qui souffrent de la mise à l’écart de Geneviève Brisac.« 

Publicités