Brooks

CaptifsKevin Brooks
Super 8 éditions, 2016, 320 pages
Traduit de l’anglais par Marie Hermet (2013 The Bunker Diary)

Il s’appelle Linus, il a seize ans et est en fugue depuis quelques mois. Un matin, il aperçoit un aveugle qui peine à charger quelque chose dans une fourgonnette. Il l’aide, il n’aurait pas dû. Linus se réveille dans un endroit clos. D’abord seul, il sera bientôt rejoint par d’autres compagnons d’infortune. Ensemble, ils vont survivre jour après jour… « Captifs », ils le sont bel et bien et le lecteur avec eux : une histoire d’enfermement totalement arbitraire, sans rime ni raison et avec la sensation du filet d’air qui s’échapperait d’un ballon de baudruche. Jour après jour, l’espoir – s’il y en avait un à un quelconque moment – s’amenuise et l’absence totale de réponses participe à l’angoisse de ce roman, il est vrai, parfaitement nihiliste. Le suspens est pourtant bien présent, et on sacrifie nos dernières rognures d’ongles à tourner les pages avec une fébrilité empreinte de rejet. Efficace.

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