Vlautin

Ballade pour LeroyWilly Vlautin
Albin Michel, 2016,
Traduit de l’anglais (USA) par Hélène Fournier (The Free 2014)

C’est l’histoire de Leroy qui se réveille et comprend brusquement qu’il est lucide. Tout juste assez pour tenter de mettre fin à ses jours. Il se rate. Et c’est reparti pour un tour d’hôpital et de souffrances infinies… Par petites touches délicates et fragiles, on reprend son histoire : Leroy s’est engagé dans la National Guard, sur conseil de son patron, pensant être utile sur le sol américain. Ca a été l’Irak. Corps détruit, coma dans lequel il dérive dans un monde dystopique au gré de la morphine qui peine à soulager ses grandes douleurs. Auprès de lui, toujours, sa mère – et tout le temps que cette dernière l’a supporté, sa petite-amie. Dans le service, à l’hôpital, une infirmière : Pauline. Dans l’établissement psy où il a raté sa TS, Freddie, un veilleur de nuit. Quatre personnes cernées par les ennuis de tous côtés, la maladie, les proches à charge, l’argent qui ne suffit jamais, des quotidiens tellement problématiques qu’il ne reste jamais assez de temps pour ne serait-ce que dormir suffisamment. Et chaque jour, recommencer. Se lever. Travailler. Se heurter au manque de bienveillance élémentaire. S’en vouloir parce qu’on n’y arrive pas, ou pas comme on voudrait. Rester un être humain malgré tout. Et faire face… Willy Vlautin (que je découvre) signe ici un roman profondément social qui ne joue pas sur l’émotion – et c’est fortiche. Il dépeint une société américaine à plusieurs vitesses, en montre les impasses et offre la persévérance – à défaut de mieux.

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