wilson

Les affinitésRobert Charles Wilson
Denoël, collection Lune d’encre, 2016, 336 pages
Traduit de l’anglais (Canada) par Gilles Goullet

Nous sommes dans un futur très proche qui a vu l’essor de la téléodynamique sociale (dont on nous précise qu’elle existe vraiment, cependant pas (encore ?) dans l’extrapolation ici développée) (et on pense à la psychohistoire d’Asimov, bien sûr). Chaque individu peut, s’il le souhaite, et s’il en a les moyens (car cela a un coût) passer des tests et savoir s’il appartient à une affinité, et laquelle, ou pas. A partir de cette base, Robert Charles Wilson développe une intrigue que j’ai trouvée assez bancale (le héros a une famille tellement caricaturale… raciste, despotique, violente et autistique, entre autres…) mais les interrogations sous-jacentes sont passionnantes. Un réseau social qui permettrait d’entrer dans un groupe où l’on s’épanouirait ? Ce serait l’enfer pour ceux qui en seraient exclus (dont les tests ne révèleraient d’appartenance à aucune affinité). Le fond de la téléodynamique c’est que la première aptitude du genre humain, c’est la coopération : ce point est disséqué avec force dans toutes ses ramifications et conséquences sur l’organisation de nos sociétés. En fait c’est la notion de réseau (dans toutes ses acceptions) qui est traitée tout au long du roman et ça déclenche l’enthousiasme. Même si j’ai tiqué devant les développements romanesques proprement dits (parce que je n’ai jamais cru aux personnages), je me suis délectée de tout le reste et bien, bien prise au jeu.

« Nous sommes l’espèce la plus coopérative de la planète… possédez-vous un seul objet que vous ayez entièrement fabriqué de vos mains avec des matériaux extraits par vos soins de la nature ?« 

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