Et voici la dernière catégorie de livres lus pour le Grand Prix des lectrices de ELLE, les documents. Le dernier, « L’Enfant de la Tamise » (sous-titré « Meurtres rituels et sorcellerie au coeur de Londres aujourd’hui ») (trad. Marie Causse) de Richard Hoskins ne m’a pas plu.

Hoskins

Richard Hoskins nous livre ici un témoignage, avec un art consommé du suspens. En entremêlant l’époque où il a débuté sa nouvelle carrière d’expert criminologue et les six années qu’il a passées au Congo, il fait certes montre d’un esprit didactique admirable : on suit point par point la façon dont il a contribué à élucider le mystère du corps mutilé d’un petit garçon retrouvé en 2001 dans la Tamise. Il fait très attention à ne permettre aucun amalgame et sur le fond du sujet ses connaissances sont indéniables. Mais sa narration emplie de détails en permanence tient de l’insupportable en ce qui me concerne, et son anecdote relative au masque mortuaire « maléfique » dont il finit par se séparer en se déchargeant du problème sur un collègue m’a profondément agacée. Qu’un universitaire, professeur de théologie, réagisse à une statuette « qui occasionne des cauchemars, sent mauvais et donne mal à la tête » en se disant « oh non non, je ne vais pas me laisser impressionner mais quand même, je ne peux ni la détruire ni la garder, je vais la donner » et l’écrive, le décrive même, en laissant planer une atmosphère étrange et tout le toutim – sans jamais se poser de question quant à une éventuelle réaction chimique ou tout autre explication rationnelle -, ça m’énerve. D’autant que la manière, par exemple, dont est analysée le contenu des intestins du petit Adam est, elle, hyper scientifique. En dehors de ce point de détail, je n’ai pas adhéré au style général qui m’a semblé se rapprocher de ce que je pouvais lire naguère dans les sélections du Reader Digest, où l’on use à la fois du sensationnalisme et d’une trop grande proximité, ce qui donne une impression de simplicité à des éléments qui ne le sont pas.
En revanche, plein accord avec ce paragraphe, dans les dernières pages :

« Je suis bien obligé de me rappeler que le monde dans lequel je travaille n’est pas défini par la race, la culture, l’âge ou le genre. On a beau tenter de mettre sur le compte de la tradition, d’une responsabilité atténuée ou de la folie les actes atroces commis au nom de pratiques rituelles et d’un fondamentalisme absurde pour tenter de soustraire leurs auteurs à la loi, ce n’en sont pas moins des crimes contre les autres. Il est inutile de chercher à se rassurer en essayant de croire que ces horreurs sont le propre de contrées lointaines, d’un horizon qui n’est pas le nôtre. Tout cela est en germe dans le monde dans lequel nous vivons, et en chacun de nous. »

J’ai donc lu 9 documents au total et je ne saurai pas avant le 1er juin lequel est le grand gagnant.

Pour ma part, ma gagnante est Nicole Lapierre.

« Naître et survivre » de Wendy Holden Note : 16
« Body blues » d’Elsa Boublil Note : 11
« Noire La vie méconnue de Claudette Colvin » de Tania de Montaigne Note : 12
« Et tu n’es pas revenu» de Marceline Loridan-Ivens Note : 17
« Sauve qui peut la vie» de Nicole Lapierre Note : 19
«Lucie Dreyfus la femme du capitaine » de Elisabeth Weismann Note : 11
« Gertrude Bell (Archéologue, Aventurière, Agent secret) » de Christel Mouchard Note : 13
« Mille et un morceaux » de Jean-Michel Ribes Note : 18
« L’Enfant de la Tamise » (« Meurtres rituels et sorcellerie au coeur de Londres aujourd’hui ») de Richard Hoskins Note : 10

Publicités