King

Carnets noirsStephen King
Albin Michel 2016, 423 pages
Trad. (USA) Océane Bies et Nadine Gassié

Le billet de Joyeux Drille  m’avait donné très envie de lire cette suite de Mr Mercedes (qui peut tout à fait se lire indépendamment, même si évidemment avoir le background des personnages est toujours préférable), et je suis déçue.

Déçue parce que le début est formidable, excellent chapitre inaugural qui nous fait assister à l’assassinat de John Rothstein, écrivain retiré du monde depuis une vingtaine d’années, figure célèbre des lettres américaines et chouchou du public (ce qui ne va pas souvent de pair). Nous sommes en 1978 le meurtrier en avait surtout après les Moleskine, plus de vingt années de manuscrits inédits. Une entrée en matière vive et nerveuse, qui établit des bases solides et qui donne l’eau à la bouche. Va-t-on (et on l’espère tellement) se voir offrir une histoire de lecteur oppressant, d’attentes déraisonnables (dont on comprend intimement l’écho) et de folies commises au nom de la littérature ?

En fait non, ou alors de manière si peu affirmée que ça se fond dans le reste. Reste, au demeurant, qui est un très correct polar, de facture classique, reprenant les protagonistes principaux du premier tome (et annonçant déjà la couleur du troisième : pouvoirs mentaux (télékinésie, entre autres). Il y a un vrai suspens quant aux Moleskine.

Mais hélas il y a quelque chose qui ne fonctionne plus dans la troisième partie : les dialogues sont patauds – encore, ça, c’est peut-être dû à la traduction; je me souviens notamment d’un « il était maintenant focalisé »  (pour « concentré » , vu le contexte, donc « focus » en vo….) – mais plus globalement les rapports entre les personnages sonnent vraiment faux et j’ai terminé le tout embarrassée en ayant vraiment senti tous les rouages.

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