Patounet

Pat Conroy est mort hier et je suis triste.

« Le Prince des marées » est mon roman fondateur, celui que j’ai le plus relu, avec un plaisir toujours renouvelé, j’en aime tous les défauts et les exagérations, je vibre immanquablement à son lyrisme débridé.

Sa lecture aura toujours pour moi l’odeur de la bibliothèque du centre Beaubourg (première lecture à quinze ans) et le goût du sel sur la peau (dernière lecture en bord de mer), avec les yeux rougis et un rire idiot et ravi en même temps, signe des émotions qui se bousculent et se télescopent.

C’est un roman de ceux dont on tombe amoureux et sa lecture entraîne une sorte d’épiphanie, on est nombreux à le considérer comme tout à fait particulier.

Par exemple Karine Fougeray, dont le billet me plaît encore autant, des années après :

« Un jour quelqu’un m’a regardée dans les yeux et m’a dit Karine, envoyez moi votre adresse, il faut absolument que vous lisiez un livre. Je me suis exécutée et, trois jours après m’attendait l’original de la photo dans ma boite aux lettres. »

Il s’agissait de son futur éditeur et j’avais trouvé ça génial, qu’il porte ce roman à ce point dans le coeur qu’il l’envoie spontanément à qui lui semble être en mesure de communier dans cet amour.

Pat Conroy est mort hier et je suis triste.

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