« La réponse, bien sûr, était : de tout. »

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Ténèbres, ténèbresJohn Harvey
Rivages / Thriller, 2015, 330 pages
Traduit de l’anglais par Karine Lalechère (Darkness, Darkness, 2014)

Douzième et der des der enquête pour Charlie Resnick, qui a bien failli mourir sous la plume de son auteur, avant qu’il ne se ravise, ouf (nous explique-t-il en postface). Mais c’en est bel et bien terminé tout de même, même si au fond, on prend ce dernier tome comme un cadeau, étant donné que des premiers adieux avaient été faits au dixième.
Nous sommes six ans après le onzième tome (je fais attention à ce que je révèle, il ne s’agirait pas de trop en dire…) et Charlie est à présent à la retraite. Comme le système anglais les y autorise, il a postulé en tant que citoyen réserviste et il a commencé par bosser trois jours par semaine, pour en arriver à un presque temps plein, essentiellement de la paperasse, bien sûr. Lorsqu’on retrouve le squelette d’une jeune femme disparue il y a trente ans, on l’intègre à l’enquête, il avait couvert les évènements liés à la grève en 1984. En alternant quotidien de cette période si particulière et retours de nos jours, John Harvey nous offre une fois de plus des portraits sensibles et attachants de tous les gens de peu, ceux qui se débrouillent pour avancer un jour après l’autre. En ce qui concerne le coupable, j’avais trouvé presque immédiatement (pour une fois, je suis habituellement très douée pour me faire enfumer), signe que l’intérêt n’est vraiment pas dans l’enquête (ce n’est même pas une question d’indices, c’est le profil du personnage qui fait tout de suite penser qu’il n’est pas bien net, celui-là, à dessein peut-être d’ailleurs). Non, l’intérêt d’une enquête de Charlie Resnick, c’est vraiment son don d’observation. Son empathie. Sa droiture. Il exerce une discrète mais pénétrante séduction, à laquelle rien ni personne ne résiste.

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