« (…) En vérité, tout ce dont nous devrions nous inquiéter est déjà à l’oeuvre sur la planète Terre.
—Je croyais que tu me disais de ne pas avoir peur.
—Je t’ai dit de ne pas peur de l’astéroïde. Nous sommes au vingt-et-unième siècle. Les océans débordent. Des dictateurs tarés ont accès aux armes nucléaires. Le corporatisme et le nivellement par le bas des médias ont détruit jusqu’aux fondations de la démocratie. Pour ne pas avoir peur, il faudrait vraiment être débile.« 

Wallach

Si c’est la fin du mondeTommy Wallach
Nathan jeunesse, 2016, 237 pages
Traduit de l’anglais (Etats-Unis) par Papillon (2015 We All Looked Up)

Un tout petit machin dans le ciel et tout est déréglé : le président Obama, inhabituellement grave, l’annonce à la télévision : dans moins de deux mois il est *possible* que la collision soit inévitable. La *possibilité* étant de l’ordre de 2 sur 3. Auquel cas, rideau pour la planète entière. Continuer à vivre le plus normalement possible est la seule attitude convenable, assure-t-il.
Alors ? Comment vit-on quand on sait qu’il est fort probable que tout s’arrête dans moins de soixante jours ?
Pas *normalement*, en tous les cas…
On est à Seatlle et on suit quatre ados de terminale (18 ans), deux filles, deux gars, qui vont tous aborder la question différemment…
Premier roman pour Tommy Wallach et coeur de cible les adolescents : j’ai trouvé que la traduction rendait bien le côté très actuel de l’écriture, et que le tout était agréablement non politiquement correct. Ca sent la liberté, la capacité de toucher à plusieurs valeurs assez tabous de nos jours sans volonté de choquer ou de polémiquer. Le résultat ressemble plus à un chassé-croisé de romances (de romançounettes même) qu’à un roman catastrophe et il y a bien des stéréotypes à l’oeuvre mais le rythme est sympa (avec un glissé des mêmes évènements vus par des personnes différentes, ça se chevauche et ça donne quelque chose de vivant).
Why not.

« La plupart de vos camarades n’auraient pas accordé une pensée à ce que j’ai dit. Alors, à votre avis, pourquoi est-ce que ça vous a fait une telle impression ?
– Je ne sais pas.
– OK. En ce cas, laissez-moi vous poser une autre question : qu’est-ce qui fait qu’un livre est vraiment bon ?
– Je ne lis pas tellement, vous savez. En dehors des bouquins d’école, je veux dire.
– Alors je vais répondre pour vous. Les meilleurs livres ne parlent pas de choses auxquelles vous n’avez jamais réfléchi avant. Ils parlent de choses auxquelles vous avez *toujours* réfléchi, mais auxquelles vous pensiez que personne d’autre n’avait réfléchi. Vous les lisez, et d’un seul coup vous êtes un petit peu moins seul au monde. Vous faites partie de la communauté cosmique des gens qui ont réfléchi à cette chose, quelle qu’elle soit.« 

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