harvey

Derniers sacrements John Harvey
Rivages / Noir, 2004, 410 pages
Traduit de l’anglais par Jean-Paul Gratias (Last Rites 1998)

La dixième enquête de Charlie Resnick était également le point final de la série qui lui est consacrée, au moment où John Harvey l’a écrite, en tout cas (depuis, deux autres tomes ont paru, plus un recueil de nouvelles), et ça se sent : l’auteur a eu à coeur de nouer différents fils relatifs à d’anciens personnages et de proposer un épilogue très satisfaisant pour le lecteur (et encore plus pour la lectrice, peut-être…). C’est à la guerre des gangs et au trafic de drogue que cet opus est par ailleurs consacré, au large en tout cas, car l’accent est plutôt mis sur une évasion et la situation familiale du méchant en cavale, qui est conforme au désenchantement social régnant sur toute la série en général. Le plus remarquable dans cette série étant sans doute ce redoutable paradoxe qui consiste à décrire minutieusement les impasses et faillites d’une société anglaise à bout de souffle tout en offrant le confort douillet d’un enquêteur qui trouve dans de minuscules plaisirs la force de tenir debout, droit et bienveillant. En coda, Harvey rend hommage à Elmore Leonard, encore un auteur dont j’espère pouvoir explorer l’oeuvre prochainement.

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