harvey

Proie facileJohn Harvey
Rivages / Noir, 2001, 535 pages
Traduit de l’anglais par Jean-Paul Gratias (Easy Meat 1996)

Ce huitième tome de la série Resnick est un gros morceau (le préféré de l’auteur, nous dit la 4°). Plusieurs sujets graves y sont abordés, que l’on approfondit au fur et à mesure que les enquêtes progressent : maltraitance et indifférence en foyers éducatifs (si longtemps après Dickens, si peu de changements au fond…), hooliganisme et ses dérives ultra-nationalistes, délinquance juvénile et drame des fillettes qui deviennent mères à douze-treize ans, racisme ordinaire, homophobie – que du lourd. Du plombant. Du qui dérange et effraie. On est en immersion dans une Angleterre des caniveaux, il faut relever ses manches et y aller bravement. Dans le même temps, tout en étant au coeur même de toute cette noirceur et en s’y confrontant les yeux ouverts, Charlie tombe amoureux. A sa façon, tranquille et détachée – il n’a rien d’un exalté. Il est même au centre des attentions de plusieurs personnages féminins, ce qui entraîne des situations déstabilisantes. John Harvey navigue entre ces deux extrêmes avec prudence, déroule ses intrigues au millimètre, faisant monter la pression lentement mais très sûrement : la scène finale est à la limite du supportable et on frémit déjà d’en lire les conséquences dans les tomes suivants. Pauvres de nous.

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