Seethaler

Une vie entièreRobert Seethaler
Sabine Wespieser éditeur, 2015, 157 pages
Traduit de l’allemand (Autriche) par Elisabeth Landes (Ein ganzes Leben, 2014)

« Il n’avait alors certes rien à perdre, mais il avait encore quelque chose à gagner. Maintenant, c’était différent. »

J’étais tellement contente de lire à nouveau enfin un roman paru chez Sabine Wespieser, je ne cessais de me réjouir de sa manipulation, ce format de taille parfaite entre mes mains, ce si joli papier, ces finitions discrètes et précises, c’est un vrai luxe, ça en remplit les effets, je savourais; bien sûr le roman en lui-même me décevait, je ne pouvais pas prétendre le contraire, c’était une lutte de maintenir mon attention sur l’histoire d’Andreas Egger dans son tout petit village des montagnes autrichiennes. Je me disais Heidi, Giono, André Vers, quand même, tu sais bien que c’est de la Littérature, d’ailleurs c’est impeccable, tu ne peux pas le nier, construction imparable, pas un mot en trop ni en moins, et ça raconte une vraie histoire, celle d’Une vie entière, d’un homme que le sort ne favorise jamais (euphémisme) mais qui continue, toujours, tel Sisyphe, et comme le souligne la 4° de couv, c’est parfaitement exact que certaines scènes sont très visuelles et marquantes, la déclaration d’amour à Marie notamment, et tu as bien senti aussi le poids de l’économie des mots, comme s’ils constituaient un chapelet qu’il fallait préserver et ne surtout pas trop toucher, alors comment expliques-tu être restée ainsi au bord des pages ? Par le fait, peut-être, que je préfère les défauts, les aspérités, les exagérations. Trois choses absentes chez Robert Seethaler, dont la minutie et l’art du travail bien fait m’ont laissée froide.

Sabeli a beaucoup plus vibré.

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