Harvey

ScalpelJohn Harvey
Rivages/Noir, 1995, 386 pages
Traduit de l’anglais par Olivier Schwengler (Cutting Edge 1991)

« Opus 3 de la saga Charlie Resnick, Scalpel nous remet en présence de personnages à l’exceptionnelle dimension humaine, familiers aux lecteurs de Coeurs solitaires et Des étrangers dans la maison, et nous replonge dans l’univers noir de John Harvey » nous dit la 4° de couv et il n’y a rien à ajouter. De fait, le petit monde du CID (Criminal Investigation Department, équivalent de la PJ française) de la ville de Nottingham nous donne déjà, après seulement trois romans, l’impression de faire partie de notre famille, et c’est avec beaucoup d’affection qu’on les voit évoluer (même Mark Divine, et pourtant…). Scalpel se déroule dans le milieu hospitalier, et le dénouement est glaçant : sous peine de gâcher complètement le suspens des futurs lecteurs je ne peux rien révéler mais il y a de quoi faire de sacrés cauchemars. Jusqu’au bout, j’ai hésité entre deux coupables et le fin mot de l’histoire m’a, en ce sens, soulagée. Un tome vraiment très réussi !

« Etant jeune, Resnick s’était convaincu un temps que l’on se devait de faire certaines choses pour son propre bien. C’est ainsi qu’il avait pris l’habitude de se rendre au concert. Le Philharmonia. L’Albert Hall, avec son acoustique flatteuse, son balcon étendu sur trois côtés, en demi-cercle, ses sièges de velours rouge passé, en rangs serrés, véritable clavaire pour les genoux, son orgue classé qui ne jouait que pour les méthodistes, le dimanche. Il lui avait fallu quatre ou cinq soirées pour retrouver assez de confiance en lui-même et accepter que, passé l’ouverture et le premier mouvement du concerto, il s’ennuyait à mourir. »

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